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Poésie/Théâtre

et aujourd’hui Géraldine présente Tatouage de John Freeman

Aujourd’hui, un petit détour par les États-Unis.

Tatouage

Roulant dans

L.A. du nord au sud,

mon frère

et moi on se demande

comment se souvenir quand

cette lumière jaune

vous dit d’oublier

et de faire demi-tour

pour accomplir quelque chose

de différent, arrêter d’être soi et

devenir un autre.

On décide alors

de se tatouer.

Au début, c’est un petit tatouage,

il doit être discret,

du genre qu’on discerne

comme le reflet

d’une montre.

Mais bien sûr, plus

on parle plus il grossit, il

prend forme.

Il monte en rampant jusqu’aux

bras, descend le long de nos

cuisses, comme s’il

devait rester

en mouvement, gran-

dissant pour dépasser

ce qu’il remplace.

Je lui dit le cou

est intouchable. Finalement

on doit bien reconnaître

qu’il n’y a qu’une

façon d’en finir. Et si

je tatouais

son visage à elle

sur mon visage à moi,

est-ce que cela

suffirait ? On roule

en silence

pendant un kilomètre, avant

que je ne réalise

que c’est exactement

ça, un visage.

John Freeman, Vous êtes ici, Ed. Actes Sud

Bien à vous.

Géraldine Hérédia

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